Les CCI et Business France viennent de signer un accord de partenariat stratégique pour le développement des PME à l'international

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Objectif : 3.000 entreprises françaises accompagnées d'ici à 2017, à travers un "parcours" unifié. Quels enjeux derrière cet accord ? Réponse avec Jean-François Gendron, président de CCI International: "Faire en sorte que les entreprises sachent à qui s'adresser".

Mr Gendron CCI International Business France

Mr Gendron © Journal des Entreprises

Depuis quand travaillez-vous à la signature de ce partenariat entre les CCI et Business France ?

Jean-François Gendron. On y travaille depuis octobre dernier. C'était un souhait du ministère des Affaires étrangères avec le renforcement de la diplomatie économique, voulue par Laurent Fabius. CCI International est un acteur important de l'aide à l'international pour les entreprises. Dans le cadre du rapprochement d'Ubifrance et de l'AFII, qui a donné naissance à Business France, il y avait de nombreux facteurs qui nous ont décidés à travailler ensemble, pour unir nos forces.

 

Ce partenariat stratégique vise à créer un "parcours d'internationalisation simplifié, lisible et efficient". Ce n'était pas le cas jusqu'à maintenant ?

Il y a beaucoup d'acteurs en France. Chaque région a sa façon de faire, il y a les privés, Bpifrance, cela fait beaucoup de monde. L'idée était donc d'afficher qui fait quoi, pour que l'entreprise, en fonction de sa maturation vis a vis de l'international, sache un peu mieux à qui s'adresser. Cet accord c'est avant tout être lisible.

 

Dans ce parcours, quel est le rôle des CCI ?

Conseiller, orienter, accompagner l'entreprise et faire en sorte qu'elle puisse ensuite s'appuyer sur Business France pour son implantation sur les marchés à l'export.

 

Quel est le secret d'une "internationalisation" réussie ?

Une PME ou une PMI, si elle veut réussir à l'international, doit d'abord réussir sur son territoire, pour se préparer ensuite à l'international. Or, ce n'est pas simple quand on est seul. D'où la nécessité d'organiser la fameuse "chasse en meute".

 

Comment se concrétise cette conquête en groupe ?

Partir en groupe à l'international, cela peut se faire à travers la présence sur les pavillons France des grands salons internationaux. Mais c'est aussi répondre à des demandes de consortiums à l'étranger, en nous appuyant sur les atouts de la France. Sur le secteur de la santé, par exemple, on arrive à construire à l'étranger de très beaux hôpitaux, mais une fois ceux-ci construits, on n'arrive pas à mettre du matériel médical dedans. Résultat, la plupart du temps, les hôpitaux sont équipés en matériel allemand et américain. Il y a aussi des hôpitaux étrangers qui nous demandent de la formation ou de l'accompagnement des personnels de santé. Pour tout cela, il faut être prêt. A travers notre partenariat stratégique, les entreprises seront "agréés" et seront capables de vendre à l'international et de répondre à ces demandes.

 

Les trois signataires de cet accord (Business France, CCI International et CCI France International) s'engagent à accompagner à travers ce parcours 3.000 entreprises. Il y aura des points d'étape pour vérifier si les objectifs sont tenus ?

Cet engagement va effectivement être suivi. Il y a un comité de pilotage et un comité stratégique à l'export, mis en place par le secrétaire d'Etat Matthias Fekl (Commerce extérieur, ndlr), un homme très pragmatique. Le comité stratégique se réunira tous les trois mois avec d'autres acteurs comme le Medef ou la CGPME.

 

Source : Le Journal des Entreprises